Pour en finir avec la schizophrénie

La première de toute : arrêter Twitter !
On connaissait les propos sortis de leur contexte et bien avec des “touittes“, c’est pire. Tout ce que vous allez écrire sera retenu contre vous et un jour reproché. Le contexte: on s’en moque. Ce que l’on a voulu dire : aucune importance. Seul l’essentiel de l’émotion de l’instant. Plus elle est négative, mieux c’est. Cela créé le débat, l’engagement, comme ils disent. Mila n’en demandait pas tant 😉
C’est le café du commerce poussé à une échelle instantanée, sans le plaisir de l’échange puisque d’échange, il n’y en a aucun. Il y a des salves envoyées sans s’occuper de leurs conséquences. Et lorsque l’on est “anonyme”, c’est encore plus “sympathique”. On a l’impression de pouvoir tout dire, que le monde entier va nous lire, nous attend et nous applaudit. Que son jugement, son actualité, son état d’âme passionne le monde.

Alors que faire ?

  • N’utiliser Twitter que comme pointeur vers des propos plus “fouillés” et complets, comme vers mon blog par exemple ? Oui, cela risque de finir comme cela. Mais se faisant, je tombe alors dans le travers des “stars”. Ceux qui aiment à donner de leurs nouvelles sans en prendre aucune des autres. Le rapport Signal / Bruit pousse en ce sens, comme il m’a poussé en dehors des Newsgroups que j’ai adorées à l’époque.
  • Avoir le recul nécessaire pour ne pas penser que le propos d’un tiers (et les miens en général) vise une personne en particulier ? Quand j’ai à m’exprimer sur quelqu’un, je ne prends pas de gants et je prends le risque de le nommer ou d’être suffisamment clair. Lorsque vous avez une vie publique et privée, lorsque l’on ne fait pas la différence entre ce que vous dites à titre personnel et la fonction professionnelle que vous êtes censée avoir dans les yeux de l’autre, c’est délicat. Extrêmement délicat et croyez moi, je me censure à mon corps défendant. Je ne peux pas tout dire. Un jour peut être … 🙂

Et la meilleure solution arrive dans les propos qui résonnent très fort en moi d’Etienne Klein. Il a mis des mots sur ce que je sens confusément depuis des années. Je pensais qu’il n’y avait qu’une troisième voie de possible, constatant que la voie générale ne me convient pas et ceux qui sont contre ne me passionnent pas plus que cela car ils tendent à critiquer sans rien proposer (rien de nouveau) mais surtout sans le risque de la réalisation.
La troisième voie est une possibilité mais elle vous coupe du monde et induit forcement une rupture difficile et d’être en avance de phase de plusieurs années, (dizaine ? génération ?). Il faut pouvoir tenir. J’ai donné et beaucoup reçu, donc je ne me plains pas. Mais la piste d’Etienne me semble la plus généralisable facilement à tous et le plus facilement car il s’agit d’éducation. Quand je dis facile, en fait rien de tel car cela va complètement à rebrousse poil d’un système éducatif qui nous apprend des certitudes. Cela va à l’encontre de ce que nous voyons au quotidien : des “sachants” qui pérorent dans le poste en expliquant doctement ce qu’il faut faire et que rien ne va. Curieusement on ne retrouve pas les mêmes lorsqu’il faut passer à l’action. 😉

La nuance comme le doute ne sont pas des valeurs les plus enseignées ou les plus appréciées. Elles sont pour moi essentielles :

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