Attention au discours sur la baisse du niveau scolaire

Il devient de bon ton de critiquer le niveau scolaire et d’alarmer sur sa dangereuse chute. C’est un fait.
Mais curieusement, pour noyer le poisson ou pour aider Ă  contre balancer l’argument, d’autres voix s’élĂšves pour dire qu’il a toujours Ă©tĂ© reprochĂ© cela et mĂȘme de remonter Ă  Goethe, Erasme ou JuvĂ©nal.
Encore un bel exemple de bullshit qui tend à noyer le poisson et se faire diviser les opinions pour qu’elles ne s’affrontent mieux sur la forme et ne rien faire sur le fond.

Restons en Ă  des faits:

  • Il est exact que le niveau du certificat d’étude du siĂšcle dernier n’a rien Ă  voir avec celui en vigueur actuellement. A cette Ă©poque, “faire des Ă©tudes”, c’était quelque chose. C’était un vĂ©ritable sacrifice, pour les parents et 
 pour les enfants. Il ne fallait pas trop prendre les choses Ă  la lĂ©gĂšre.
  • Il est exact aussi que le niveau du baccalaurĂ©at chute vertigineusement. Il suffit de prendre des annales pour s’en rendre compte mais aussi que le niveau d’un mĂȘme Bac n’est pas identique. Regardez simplement les exercices de certaines acadĂ©mies 
 cela ce passe de commentaire. Est-ce la politique de vouloir amener 80% d’une classe d’ñge au baccalaurĂ©at ? C’est bien possible tant c’est caricatural d’une dĂ©marche â€œpolitique” dans l’approche. Le but est louable, le chemin lamentable. PlutĂŽt que de s’attaquer sĂ©rieusement au sujet et en revenir aux causes, on veut des rĂ©sultats rapides et donc on ne traite que superficiellement les choses. PlutĂŽt que de reprendre tout le sujet de l’éducation, ce qui donnerait des rĂ©sultats Ă  une Ă©chĂ©ance d’élection trop lointaine 
 on baisse le niveau. Ca c’est facile.
  • Il est exact encore de constater que l’on apprend plus les mĂȘmes choses au mĂȘme moment. Exemple, Ă©quations diffĂ©rentielles, de nombres imaginaires, matrices, calcul mental mĂȘme …
  • Mieux encore, on a inventĂ© des mĂ©thodes dites “modernes” pour soi-disant simplifier les choses 
 la fameuse mĂ©thode globale pour apprendre Ă  lire: quelle connerie ! Demandons juste 2 minutes ce qu’ils ou elles en pensent aux instituteurs et institutrices qui ont eu Ă  enseigner les deux mĂ©thodes. Et sur ce point, il est encore plus exact que cela fait des dizaines d’annĂ©es que j’entends des enseignants se plaindre que des Ă©lĂšves arrivent dans leurs classes sans les acquis nĂ©cessaires et plus grave du plus grave, sans savoir lire correctement et encore moins Ă©crire.

Bon, j’arrĂȘte lĂ . Tout cela pour dire qu’il faut se mĂ©fier de ces petits marquis de la pensĂ©e qui sont prompts Ă  critiquer la critique un peu trop vite. Se faisant, ils participent Ă  rendre le fond inaudible et mĂȘme pire 
 Ă  faire taire toute critique constructive en favorisant le cynisme.

Oui l’éducation va mal, quand on mĂ©langer Education et enseignement.
Oui, l’Education devrait ĂȘtre PRIORITAIRE 
 encore plus que l’économie, le chĂŽmage, l’environnement et tout le reste, car elle est Ă  la base de tout.

C’est comme en Haute-FidĂ©litĂ© 
 il y en a toujours pour vous expliquer que pour amĂ©liorer la qualitĂ© du son, il faut d’abord changer les enceintes. RatĂ©, c’est exactement le contraire qu’il faut faire. Il faut s’attaquer Ă  la cause des problĂšmes Ă  la source !
Nous ne sommes absolument pas assez ambitieux avec l’Education.

Ceux qui ont prĂŽnĂ© la rĂ©volution du savoir ont fait un mal infini en poussant Ă  banalise l’Education et privilĂ©gier un type de savoir aux autres : le savoir-faire et le savoir ĂȘtre. Le mal est trĂšs profond. Il ne faut pas alors s’étonner que de vĂ©ritables imbĂ©ciles capitaines d’industries, aient souhaitĂ© un monde sans usine.

Ce n’est pas l’enseignement qui est en faillite, mais le monde de l’Education qui est en crise et nous devrions avoir un Ministre de l’Education et non un Ministre de l’Education Nationale 
 alias ce qu’un autre imbĂ©cile appelait avec tout le dĂ©dain dont il est capable : le mammouth. (et je pĂšse mes mots)

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