Be on demand …

“Be on demand” … bien sûr on parle d’éducation “on demand”, bien sûr …
Et quand je parle d’éducation, je parle d’un apprentissage directement utile pour les sociétés “clientes mentionnées”. (je vous laisse deviner et à défaut lire l’article et chercher)

Il est des fois où je crois que je rêve … mais non. Oser écrire des choses comme cela est déjà grave, mais AUCUNE réaction de la “société civile”, engluée dans des fin de mois difficiles pour beaucoup et même dans des débuts de mois difficiles pour d’autres.

Vous allez me dire, mais quel est le problème ? fournir un “job” à “tout plein” de gens, c’est formidable non ?
Et puis ça n’est pas nouveau, depuis l’irruption des entreprises dans le monde éducatif, jusqu’à des programmes comme “tous codeurs”, on y est.
On apprend pas à ANALYSER ET PROGRAMMER, mais à coder. On n’apprend pas le sens, l’histoire, le pourquoi, mais à être (si possible) efficace en “dot Net”.
On n’apprend pas les sciences que l’on dit “molles“, on formate à coup d’équations et de “dur”. On apprend pas à penser, mais à résoudre, comme des machines. A ce jeu, serons nous toujours les plus efficaces ?

D’un coté, vous me direz que l’on passe d’un SAVOIR, à un SAVOIR FAIRE et que c’est déjà pas si mal non ? … surtout si cela permet d’avoir un petit “job” peinard, pour subvenir à ses besoin …

Et bien non. Je vous dirais que je n’aime pas ce monde que l’on nous dessine formate.

Ayant la chance d’avoir vécu en France et maintenant aux Etats-Unis, ayant été élève puis parent, je peux mieux mesurer les inconvénients et les avantages des deux systèmes éducatifs et franchement … il y a à dire. Il n’y a qu’à voir le résultat:

  • la volonté d’emmener toute une tranche d’age au bac (bien) … par un abaissement systématique du niveau et toujours plus de laissés pour compte, inaptes à la société d’aujourd’hui, (pas bien)
  • une dévalorisation systématique des métiers dits “manuels”, de l’enseignement, des sciences humaines, des sciences sociales, des sciences de la nature, de la technique, pour le graal absolu: le consultant ou la finance,
  • la sélection excessive sur “des” mathématiques, qui aboutit à :
    • en France, refuser d’excellents élèves en classes préparatoires car ils n’ont pas les bonnes appréciations de leur professeur de Mathématique, malgré ensuite un 18 / 20 au bac,
    • aux Etats-Unis, à se focaliser sur 3 matières (SAT), où pour entrer au college, il semble que seule compte de savoir lire et écrire (comprendre) l’anglais et savoir répondre, le plus rapidement possible, à tout un ensemble de questions mathématiques, (QCM) où pour réussir, il vaut mieux connaitre la réponse que la méthode.
  • le manque criant de vrais “sachants” en Computer Science … mais d’un autre coté, lorsque l’on regarde qui est diplomé, on peut s’étonner que le gamin blanc préfère faire “business” et “consultant”, alors que le gamin d’Inde ou de Chine truste la majorité des places et des meilleures Universités. (il n’y a qu’à assister à une cérémonie de fin d’année de PhD pour comprendre).
    Est ce parce que le salaire moyen de sortie de nos jeunes “tech” est compris entre 40 K$ et 70 K$ ? (je parle des Graduate, qui sont la majorité, pas des PhD) Et oui … bien loin des salaires mirobolants que les sirènes de la Valley annoncent. Et il n’y a qu’à voir où ces jeunes vont, pour comprendre qu’ils ne sont pas recrutés à 100% par les GAFA, les licornes ou je ne sais quelle chimère.
    OK, mon expérience limitée n’a pas preuve de loi, je n’ai regardé de près que : CMU, Cornell, Rochester et quelques autres …

Je pourrais continuer longtemps, mais je crois qu’il est important de contrecarrer certaines idées reçues, qui proviennent de “la société” et de l’inconscient collectif :

  • le rêve Américain ? quel rêve ? quel est-il d’ailleurs ? est-il toujours possible ? pour tous ? est-ce que la réussite de quelques-uns est synonyme de la possibilité de réussite de tous ou simplement un miroir aux alouettes fabriqué par le système pour briller dans la nuit et faire espérer (et la faire tenir tranquille) “la masse” ?
    Vous me trouvez “dur” ? Lisez ce qu’en dit Murdoch et on en reparle. Je ne dis pas que tout est mauvais, je ne dis pas que rien n’est possible, mais juste qu’il ne vaut pas se laisser berner par l’inconscient collectif: REVEIL !
  • l’école a failli … C’est TOUT le système qu’il faut revoir.
    Quand, comme je l’ai vu dernièrement, certains osent penser que le double de salaire d’un directeur d’école n’est pas suffisant pour un “Community Manager” de 22 ans, c’est qu’on marche complètement sur la tête. Il est temps de TOUT changer et vite. Et le sujet n’est pas d’être “on demand” en étant directement PRODUCTIF sur le marché du travail. Ceci conduit à effacer le savoir au profit du savoir faire. N’allons nous pas faire le jeu de la Chine et de l’Inde, bien plus nombreux, bien plus appliqués ? Là aussi, ouvrons les yeux. On arrête pas de me vanter la présence de Français dans les sociétés de tech US: regardez les organigrammes et ensuite on en reparle.

On le sait tous …

On le sait tous, même les politiques, les vrais sujets structurants du futur sont l’Environnement et l’Education … et on fait quoi ?
Plutôt que de mettre de vrais moyens, on va faire un truc à coté et s’en gargariser. Formidable pour les quelques uns qui seront saisir cette chance. Et tous les autres ? Vous avez discuté avec des gamins de 14 ans, en rupture avec le système éducatif ? On en fait quoi ? des codeurs … allons, voyons !

“Be on Demand” … MAIS FUCK !

Excusez ma grossièreté, à l’égale de mon agacement. Tout cela va à l’encontre de tout ce que je sens et que j’ai appris péniblement depuis un certain nombre de décennies. Je peux me tromper, ils peuvent avoir raison, mais je ne changerais pas. Je pense que le plus important est :

BE … TOUT COURT !

Le système devrait nous le permettre … et la bonne nouvelle, c’est que si on se réveille, il nous le permet. Le tout est de ne pas se laisser formater “à la demande”, enfumer, lobotomiser, manipuler. Le tout n’est pas de penser que la réussite est dans ce que l’on nous montre quotidiennement et qui est dans le domaine de l’AVOIR. La réussite est le bonheur et cela ne se trouve pas dans l’avoir, mais dans l’ETRE.
Donc, “ETRE A LA DEMANDE … bien sûr. Et vous comprenez mieux mon agacement. On touche ici au fond du problème. On n’EST pas à la demande. On n’est pas le jouet du système, au profit de quelques uns. On EST tout court … et pour cela, on doit se réveiller … C’est cela qu’il me semblerait plus utile d’enseigner (entre autre) à l’école … plutôt que faire du .Net ou du Python et ensuite être sur la touche lorsqu’il faudra modifier quelques lignes de Cobol pour continuer de toucher son salaire …

PS: doubler le PIB mondial .. chouette non ? Encore plus fort qu’en 2016, si la croissance est là, je baisse les impôts.
PIB pour qui ? des pauvres toujours plus pauvres ? et aucun des grands sujets abordés et résolus ? malgré l’immense fortune et les moyens de quelques uns. Avec 0,01% du bénéfice annuel d’Apple et/ou de Google, on met combien de pompe à eau en Afrique ? On évite combien de cancers ? On permet à combien de participer dignement au monde actuel ?

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