November 2020

A qui profite le crime ?

Je n’ai pas regardé l’actualité en France. J’étais heureux d’une réaction « citoyenne », mais je craignais que cela ne finisse de la même manière. Tel que cela semble s’être terminé. Cette violence « gratuite » qui en appelle une autre, bien institutionalisée celle là. Bien connue. Pouvait-il en être autrement ?

https://twitter.com/clementlanot/status/1332730727549591555?s=21

D’ailleurs, si on cherche un peu, on s’aperçoit que ce n’est pas la première fois que ce genre de violence « policière » arrive. Quelles suites ont été données ici ?
https://youtu.be/uX8PFSIY5Aw
Ici aussi: https://fb.watch/23gZDwipB4/

Bien sûr que « de l’autre coté », ce qu’il se passe est inadmissible. Les images qui tournent dans ma tête sont nombreuses. Policiers agressés qui ont le contrôle sur eux même de ne pas sortir leur arme (je ne suis pas sur que dans un tel cas je serais resté aussi « zen » …). Gestes déplacés et plus que limite. Leurs auteurs seraient aux Etats-Unis, cela serait très vite réglé et on ne parlerait pas de « violences ». Jusque dans la bouche d’une « mère de famille » interviewé à la télévision, au temps des manifestations « Gilets Jaune » qui expliquait « monter à Paris » pour tout un ensemble de raisons mais aussi pour le coté « festif » avec ses collèges et pour « casser du flic » (sic !)
La foule rend con. On le sait depuis longtemps. Sans limite. J’ai toujours détesté la foule. Je m’y suis toujours senti mal à l’aise. Peut être un instinct de survie pour ne pas participer à un mouvement, à l’insu de mon plein gré ?

Mais ces violences de part et d’autres sont pour moi la même chose. On joue au même jeu. D’un coté ou de l’autre, c’est la même pièce de monnaie et rien à part taper encore plus fort d’un coté ne peut faire cesser ce jeu tant que nous avons ce niveau de cécité. Cette imbécilité. Dites moi qu’ils se rendent forcément compte, les uns et les autres du mal qu’il font à la cause qu’ils sont censés défendre … à moins que ce ne soit pas la cause de l’intérêt général ? Chacun serait-il dans ses propres croyances, avec ses propres règles, sans aucune retenue ? Décomplexé, comme ils disent ? Illusion ou réalité ? qui mène le jeu ?

Et je m’attends à encore plus fort. L’instrumentalisation. Les excuses des avocats des uns et des autres. Les « éléments de langage ». Chacun dans son rôle. Aucun pour dire : « on a déconné. on a compris. On ne nous y reprendra plus ». Non, des excuses qui mènent à se justifier et non à se remettre en cause. Oui à un moment on peut péter les plombs quant à longueur de journée, on entend :

⁃ « sale nègre ! », pour les uns
⁃ « suicide toi ! », pour les autres

Même face d’une même pièce, la haine, la bêtise, les intérêts particuliers. On n’apprend rien. L’histoire bégaye sans cesse.

Faut-il que les doses soient toujours un peu plus fortes pour nous forcer à nous réveiller ? Pour ne plus jouer ce jeu où il n’y a que des perdants ?

Est-ce les hommes qui sont mauvais ou les règles du jeu ?

Est-on forcément obligé d’en arriver là ?
Si le pire n’est jamais certains (et souvent le quotidien miraculeux devant le champ des possibles de l’horreur), faut-il que nous frôlions toujours le précipice pour prendre le moins mauvais virage à défaut du bon ?

Pourrons-nous éviter la lutte des classes et de jeter aux orties les nombreux efforts de nombreuses personnes chargées de faire lien ? Je pense à eux principalement et aux victimes quotidiennes de ces injustices. Tous leurs efforts qui peuvent être anéantis du jour au lendemain, que ce soit du coté policier ou de l’autre … si tant est que l’on raisonne en deux camps, ce que je me refuse.

Souvenons-nous de ceci … et interrogeons nous. Là, il faudrait que cela change. Est-ce sa responsabilité ou plutôt celle de ceux qui l’ont mis à cette place et avec semble t’il « les pouvoirs ».
Rappelez vous : https://youtu.be/9hE8OFdlqvc

Combattre de cette façon un système que nous ne voulons plus, n’est ce pas le renforcer ?

Au profit de qui ? Pourquoi ?

Trop c’est trop … #Michel

Il n’en fallait pas plus que je sorte de ma « retraite » blogueuse. J’avais préparé tout un ensemble de billets commentant l’actualité que je trouvais déplorable mais à chaque fois, je n’ai pas eu le courage d’appuyer sur POST. Peur du déjà dit. Peur de ne rien changer. Peur de ne pas être assez « bon » ou pas à la hauteur. Peur des éventuelles conséquences. Peur de ce que l’on pensera de moi … Bref, autant de peurs qui sont balayées par celle de Michel. A un moment, il faut aussi se lever et dire STOP.

Ici, c’est plus que la nausée. Bien sur je veux parler du « dérapage » de certains et de la soumission passive (courageuse et intelligente) d’un autre personne, une injuste victime. Ce que je déteste le plus au monde et ne pardonne jamais. (L’injustice). Cette soumission m’a fait mal. Tout autant que les coups donnés. Elle me renvoyait à un autre temps. Un temps que l’on voudrait n’avoir jamais existé. Un temps où l’homme blanc pensait que tout lui était dû. Celui « béni des colonies » … Celui où l’on se permettait d’exposer d’autres humains dans des zoos … celui où il fallait aussi « apporter la civilisation » pour se donner bonne conscience ?

Mais je m’égare et je ne vais pas plus commenter. Tout ou presque a été dit, mais juste deux choses, dont l’une issue de mon expérience personnelle hier et qui m’a fait chaud au cœur.

La première

Une interrogation ou plutôt des interrogations. Comment peut on en arriver là ? Quel cheminement ? Quelles croyances ? Qui ou qu’est ce qui les a ancré dans leurs esprits ? Est-ce que le stress, la dureté du métier, le travail sans relâche, la peur (de quoi ?), … bref, tout ce qui va être évoqué par l’avocat de ces 4 policiers, peut expliquer cela ?
Je ne le crois pas. A mon sens ce sont toujours des excuses, comme l’alcool, qui agissent comme des révélateur. S’agit-il d’un conditionnement ? du racisme dit ordinaire ? Se seraient-ils acharnés comme cela si le gars en face avait été blanc ou jaune, en costume ? La foule rend fou et le mouvement d’ensemble peut entraîner à ce que l’on regrettera individuellement, c’est certains, mais personne à ce moment pour dire STOP. Pour juste un moment d’humanité ? Dans tous les sports martiaux on apprends à arrêter quand le gars est à terre. Une question de respect ? Où est il ? Ils n’ont aucune formation ?

Et puis un peu d’espérance … le miracle que Michel soit encore en vie et pas plus abimé que cela. (oui je pèse mes mots). Encore une fois, nous sommes passés à deux doigts de la catastrophe. Vous vous rendez compte, cela n’a même pas valu quelques jours d’ITT …. le médecin qui l’a reçu est-il formé aux mêmes écoles que ceux qui ordonnent du smecta à une personne âgée qui ne s’alimente plus et vomit depuis 10 jours et qui peut attendre le lundi pour venir. Résultat cancer de l’estomac et hospitalisation le samedi. 😖

Mais Putain ! Dans quel monde nous vivons.
Pourquoi certains (tous humains, la plupart de sexe masculin d’ailleurs … mais je m’égare) s’ingénient à nous le complexifier !
Le Covid, oui bien sûr … on y reviendra.
Devons-nous perdre notre humanité par ne pas sombrer dans la schizophrénie ou la folie ? Pour faire comme eux ? Devons-nous nous aussi réagir / sur-réagir à tout ce qui ne va pas ? … et là on touche au pourquoi mon blog est alimenté sporadiquement. Je l’avais déjà dit d’ailleurs en reprenant une célèbre chanson de Renaud.

Et bien non, deuxième épisode, comme un clin d’œil face à mes interrogations

Face à toutes ces contradictions. Ce sentiment d’inutilité, je suis parti « méditer » … en vélo, dans #monmonde

J’ai deux mondes … la mer aux Etats-Unis et la forêt en France. Ici c’est la mer :

En fait c’est la baie.
En face c’est « mainland ». Long Island dans toute sa beauté.

J’inaugurais une nouvelle piste cyclable, qui a mis 22 ans à se construire, entre les premières discussions et oppositions et la réalisation. Comme quoi, aux Etats-Unis aussi les choses peuvent prendre du temps.
Et arrivé à la fin, au détour d’un parking, je découvre, comme une récompense, comme un cadeau :

Vous me connaissez … alléché, j’ai voulu en savoir plus … surtout que la première voiture, j’adore :

No parking for classic cars …

Puis que chose m’interpelle …

Et je suis reparti, non sans avoir remarqué (et salué) que tous les conducteurs n’étaient pas le classique male blanc de plus de 50 ans. Et je suis reparti sans oser leur parler.
Et #Michel a tourné encore plus dans ma tête. Non, bon sang. N’est ce pas une synchronicité ? Un de ces hasard de la vie qui vous remet dans le « bon sens ». Question de sens, j’avais d’ailleurs été prévenu car juste avant d’arriver et sans doute pour me donner le courage de la rencontre, j’avais croisé :

Donc je suis revenu. Nous avons échangé. Je leur ai dit que c’était important pour moi qu’ils étaient là ce matin. Je leur ai expliqué #Michel. Je leur ai dit que je savais qu’ici, les violences policières, pour eux, c’est pire. Que c’est inadmiscible. Je leur ai raconté la France. Pourquoi certains qui se font contrôler 10 fois par jours pouvaient entretenir une certaine haine. Ils m’ont dit que j’étais un exemple. J’ai refuté en leur disant non ! C’est vous l’exemple. Qu’il était important qu’ils « fassent le chemin ». Qu’ils montrent que pour ceux qui ne sont pas sensés être « de la bonne couleur », c’est aussi possible. Ils m’ont dit que d’habitude, on les prends pour des trafiquants de drogue ou des rappeurs mais qu’ils étaient « dans le business ». On aurait pu échanger encore plus et surtout sur nos passions communes. Ils ont aimé mon vélo. J’ai aimé ce moment.

Merci à vous.
La Vie nous donne chaque jour les moyens de nous remettre
«dans le chemin».

Conclusion … provisoire
#MerciLaVie