La véritable histoire de l’Internet #1 : La série à suivre …
C’était il y a très très longtemps … en ce temps là, il y avait le ciel.
A gauche du ciel, il y avait la planète Shadok. Elle n’avait pas de forme spéciale ou plutôt … elle changeait de forme. A droite du ciel, il y avait la planète Gibi. Elle était complètement plate et elle penchait soit d’un coté, soit de l’autre.
Au milieu du ciel il y avait la terre qui était ronde et qui bougeait. Sur la terre, il n’y avait apparemment rien … apparement car en fait, si on prenait le temps d’y regarder de plus près, on pouvait distinguer, vivant cachés dans leurs terriers, deux catégories d’animaux absolument fascinants et remarquables.
La première catégorie, à tout seigneur tout honneur … s’appelait “la ménagère de moins de 50 ans”. Elle était d’égale humeur. Pour elle, tout lui allait bien ou plutôt rien n’allait. En fait du fait de son caractère versatile, on lui avait inventé deux étranges appareils, pour l’occuper car elle ne savait pas trop quoi faire de sa journée … Ces deux appareils étaient le centre de sa vie et occupaient d’ailleurs une pièce différente de son terrier. La pièce centrale hébergeait : LA TELEVISION. La ménagère de moins de 50 ans, que nous appellerons familièrement “Madame Michu” aimait beaucoup la télévision.
Elle pouvait y découvrir tous les petits travers de ses contemporains, être émue sur commande et surtout … surtout … elle avait le pouvoir … le pouvoir de changer de chaîne (bon d’accord, au début, il n’y avait qu’une chaîne) et le pouvoir d’éteindre la machin. Et quand le machin était éteint Madame Michu se rendait avec délectation dans la deuxième pièce principale de son terrier … la cuisine. Elle passait des heures derrière ses fourneaux. Là, Madame Michu était en extase, elle PRODUISAIT, elle CONTROLAIT … elle était son propre chef et ne pouvait s’en prendre qu’à elle même si rien n’allait. En un mot, elle était le centre de son mode, un monde parfait.
En ce qui concerne la deuxième catégorie d’animaux, il faut bien avouer
qu’elle n’avait pas le charme de la première … elle était composée de personnages assez curieux.
On pouvait
distinguer :
- des universitaires barbus, à esprit ludique,
- des militaires rêvant de connecter tout être sur terre et dans l’espace,
- des Suisses (NDLR: ils étaient 4, sauf erreur) qui ne font pas dans l’horlogerie ou le chocolat
- quelques Français, écrasés par un pouvoir bureaucratique trop fort et bien seuls dans leur Cyclade
- et déjà, quelques bambins très prometteurs, mais nous y reviendrons …
Et tout ce petit monde, coulait des jours heureux en inventant un monde nouveau, “sans gouvernement, sans loi, sans frontière“, à des années lumières des principes d’anarchie qui existaient dans d’autres galaxies et en se retrouvant le soir, pour savourer le UGC (User Generated Content) de leurs épouses respectives, derrière l’énormissime poste de télévision.
Mais ce qu’ils ne savaient pas c’est qu’un risque majeur allait les bousculer dans leur bonheur car ils étaient l’objet de toutes les attentions de deux curieuses races :
Les “PRODUCTEURS” tout d’abord, qui peuplaient la planète de droite. Les “producteurs” étaient très nombreux et leur planète trop petite. Comble de la malchance, cette planète était plate et penchait quand il y avait trop de “producteurs” d’un coté. Si bien qu’ils tombaient dans le vide (NDLR: vide sidéral que l’on nommait la poubelle à octets ou plus communément /dev/null) … et c’était très génant … surtout pour les PRODUCTEURS. Les producteurs s’appelaient entre eux les “Gibis” et portaient un petit chapeau parce que c’est joli et pour mieux se distinguer d’avec leurs contemporains : vedette de cinéma, chanteur, publicitaire, créateur de mode, présentateur de jeu télévisuel …

Sur l’autre planète, il y avait les TRANSPORTEURS ou plutôt deux sortes de “transporteurs”. Ceux qui avaient des pieds en bas qui vivaient au dessus de leur planète et ceux qui avaient des pieds en haut qui vivaient de l’autre coté et qui servaient à soutenir la planète par en dessous. Comble de malchance, leur planète changeait de forme et il y avait des “transporteurs” qui tombaient. C’était très génant … surtout pour les “transporteurs”. Comme les “producteurs” avaient un joli nom, ils avaient décidé eux aussi d’avoir le leur et avaient choisi : les “Shadoks”.
Les Shadoks et les Gibis en eurent donc assez, au bout d’un certain temps de vivre sur des planètes qui ne marchaient pas bien et décidèrent, les uns et les autres d’aller sur la Terre, qui avait l’air de mieux marcher …
C’est tout pour aujourd ‘hui …. (la suite)
PS: avec l’inspiration de l’oeuvre d’un Monsieur que je regrette d’avoir connu trop peu et trop tard : Jacques Rouxel. Et pour faire plaisir autour de vous et retrouvez nos sympathiques amis, achetez les DVD !
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November 16th, 2007 at 10:56 am
On se cultive, on se cultive…
Je croyais (naïvement) que les Suisses étaient 3 et faisaient dans le catalogue. J’apprends ici qu’ils étaient en fait 4, pour la plupart d’adoption, CERNés et qu’ils faisaient plutôt dans le HTTP.
On vit une époque formidable
November 16th, 2007 at 11:05 am
J’ai bien parlé des 4 Suisses, dont en plus l’un est un copain (JF Groff : http://www.w3.org/People.html pour la culture :-)) … sinon, j’aurais parlé des 3 Helvètes
November 16th, 2007 at 2:03 pm
Excellent, vite la suite !
Ca me fait penser qu’il faut vraiment que je me mette à écrire mon bouquin “du Minitel au Web 2.0, 1987-2007, 20 ans du online en France”.
Il y aura évidemment des chapitres plus que croustillants
November 16th, 2007 at 8:57 pm
Ne pas rater la “RÉPONSE DE LOUIS POUZIN À MADAME LA MINISTRE” au bout du lien “Cyclade” :
http://www.annales.org/archives/x/pouzin.html
November 17th, 2007 at 8:04 am
Ah les petits Suisses, ils sont quand meme sympa
Excellent premier episode! J’attends la suite avec impatience.
November 19th, 2007 at 5:15 pm
Tsk, tsk, tsk.
December 4th, 2007 at 9:19 pm
Bonjour, Jean-Michel
Enfin, ton coming out, je savais bien que tu étais un extra-terrestre.
Didier