"Never give up !"

Le jour se lève … les conneries commencent

"Never give up !" - Le jour se lève … les conneries commencent

Un incubateur géant … mais comment dire ?

Bon, je vais encore le dire une fois de plus.  Je vais encore me faire des amis aussi. J’en prends le risque. C’est trop grave, c’est trop important.

Je suis désolé, chers fidèles lecteurs, si je vous impose une fois de plus, la même analyse. Mais comme le dit Julio : “yé né pas changé” et les faits demeurent tétus.
Tout le monde n’est pas Einstein et ne peut pas dire :

“Si les faits ne correspondent pas à la théorie, change les faits”

En matière de création d’emplois, en matière de startups, en matière de numérique, je le dis, je le redis : vous faites fausse route et déjà depuis bien longtemps. Depuis 2007 très exactement, depuis que la Gazelle semble s’être perdue dans la savane. C’est cette voie là qu’il fallait soutenir, amplifier et ne pas céder à la facilité, aux derniers effets de mode. (lire : http://www.dgcis…. /archive/www.pme.gouv.fr/gazelles/StatutPMEdeCroissance.pdf) Allez retrouvons un peu d’humour. Vous avez remarqué cette URL ? pme.gouv.fr placée dans les archives … il est des signes ;-)

Je ne dis pas qu’il ne faut rien faire pour rendre moins difficile la création d’Entreprises, mais de là à en faire un axe quasi unique, il y a un monde. C’est une idée Canada Dry. Elle a la couleur d’une bonne idée, elle a l’odeur d’une bonne idée mais vous connaissez la chanson … une fois les vapeurs éthylique de quelques First Tuesday passées, une fois l’argent et les subventions dépensées, nous n’en restons pas moins avec les mêmes problèmes, agravés de nos illusions perdues. Et ce n’est pas parce que cela en arrange quelques uns, ceux qui profitent directement ou indirectement du système que cela en fait une bonne idée. Mais ce ne sont pas eux qui le diront, bien sûr.

La seule facon pour s’en sortir est d’enfin admettre que le problème n’est pas dans la création mais dans le développement des sociétés.

 Il n’y a AUCUN PROBLEME DE CREATION EN FRANCE.

Celui qui veut créér, va le faire, quelques en soient les difficultés. Une aventure Entrepreneuriale cela ne se décrète pas comme pour le choix d’une bagnole, avec une prime à la casse.
Les premiers clients sont difficiles à trouver ??? quelle blague.
Ce système n’a t’il pas trop habitué les gens à ne pas avoir de clients, qu’effectivement se rappeler les règles de base du commerce peut faire mal ? Ce ne sont pas les premiers clients qui sont difficiles à trouver, mais les suivants des suivants :

LE PROBLEME EST BEL ET BIEN ** LE DEVELOPPEMENT ** !

Le problème est dans le coûts de ce développement, dans l’accès au marché, dans des règles qui changent sans cesse et qui peuvent en un instant anéantir des années d’effort. Le problème est dans le bassin d’emploi, dans le coût du travail, dans la rigueur d’un code du travail d’un autre temps, devenu un frein à l’embauche.
Le problème est dans ce regard méprisant, suspicieux ou pour le moins systématiquement jaloux du  peut que nous avons et qui est déjà trop, pour l’autre.

Le problème est dans ce clivage permanent de tout vers tous. Toute cette sinistrose dans laquelle nous nous complaisons, jusqu’au jour où on dit stop et que l’on comprends que le mal n’est souvent que local. Il suffit d’aller voir de bien plus malheureux que soit pour en être convaincu.

Le problème est que l’on nous donne de moins en moins à réfléchir. Le sens disparait par la faute de sens volontairement sur-saturés. On nous formate, on nous habitue à ne pas faire de vague ou alors des vaguelettes organisées. Il faut être politiquement correct . Résultat, qui dit les choses ?
Nous n’osons plus de peur de perdre quelque chose ou d’apparaitre comme “aigri”, comme je viens de l’entendre à l’instant.

Ahhh, l’aigreur : l’insulte des lâches.
L’arme atomique !
Celle qui fonctionne même quand on ne l’utilise pas.
Et oui, il faut comprendre. Si tu oses émettre un jugement critique envers Free, un (peut être) concurrent, le CNN_1, le CNN_2, un ministre du numérique_A, une ministre du numérique_B, un ministre du numérique_A, une ministre du numérique_C … c’est FORCEMENT que tu es aigri. Dans le cas du (pseudo) concurrent, c’est même plus fort. Etre aigri de quoi ? Tu siffles juste la fin de la récréation en rappelant des évidences : le dénigrement et le mensonge finissent toujours par retomber au mauvais endroit, aussi surement que lorsque l’on crache en l’air.

Mais revenons à nos moutons.

Maintenant on a compris que l’on ne va pas pouvoir tondre les toujours mêmes, jusqu’à l’os. Il va falloir en renouveler le cheptel. Et rassurez vous, c’est en cours. Je l’ai annoncé depuis longtemps déjà. Dernièrement ici http://www.jmp.net/2013/02/fiscalite-du-numerique mais là aussi : http://www.jmp.net/2012/07/ca-va-taxer/

Le problème est que le jeu pourrait s’arrêter, faute de participants. Quand tout le monde sera tondu, cela deviendra dangereux pour les bergers eux même, qui faute de grives devront se dévorent entre eux.
Heureusement, pour que le jeu continue, il existe une autre solution : fabriquer d’autres joueur (ou imprimer encore plus de monnaie, mais c’est une autre histoire s’il n’y a plus rien à acheter).

Nous sommes dans une partie de Monopoly où ceux qui font les règles ne comprennent pas qu’il ne suffit pas de tenir la banque et les dés pour gagner. C’est un jeu où tout le monde perd car il s’arrête à la fin, faute de participants. Et oui, une personne a accaparé toute la richesse, en appauvrissant tous les autres. Et ce gagnant de ne pas comprendre qu’il a perdu lui aussi.

Le but n’était pas de gagner contre les autres, mais de jouer ensemble !

Après les geonpi et les autruches …

Nous sommes vraiment dans une basse cours … sans jeu de mot.

Après les geonpi, dont on ne peut pas ne pas être d’accord, au moins partiellement,

Après les autruches, dont on ne peut qu’être d’accord, au moins totalement,

Voicl venu le temps … oh je vous vois venir ! Non pas celui de l’Ile aux Enfants … 

Voici venu le temps des poulets !

Et oui, en ce jour béni, la nouvelle Kolossale venue de France est la fantastique idée Canada Dry :

Bientôt un incubateur géant pour les start-up à Paris ?

Sonnez hautbois, résonnez musettes !
Et en attendant, cliquez ici si vous pensez que j’affabule : http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/tech-medias…bientot-un-incubateur-geant

Formidable !!!

Qu’il me serait facile de dire, sournoisement : “FORMIDABLE” … génial, utile … enfin !!!
Oui, enfin, car j’ai espéré ce genre de chose depuis peut être 25 ans. Mais malheureusement les choses changent et ce qu’il fallait faire avant n’ayant pas été fait, la bonne idée passée n’est pas garante de la bonne idée présente et encore moins de son succès dans le futur.
Qu’il me serait plus utile de flagorner, même tacitement, dans l’espoir de je ne sais quelle grâce.

Et comme je crois que c’est vraiment une mauvaise idée à moyen et long terme, je prends le risque de le dire et de l’écrire. Je crois même que c’est une idée Canada Dry tant elle tient de l’habituelle Garcimorade.
Pendant que nous mettrons de l’attention, des efforts, des moyens sur ce sujet, par définition, nous ne les mettons pas ailleurs. Nous aurons la fausse impression que le sujet est traité et sous contrôle, comme celui qui cache la poussière sous le tapis pense que sa maison est propre.

Nous allons élever des startupeurs en batterie.

Pire, nous allons vouloir les couver.
Nous allons les soigner, les doper, les éduquer, les formater.
Ils vont vivre ensemble.
Ils vont attraper les mêmes parasites et être malade des mêmes maux.
Ils vont même, sans doute, finir par tous se ressembler.

Voyez vous même, 25.000 mètres carrés, un grand incubateur de classe mondiale, jusqu’à 1.000 startups …. porte étendard de la France …
Non mais on est où là ?

Dans l’élevage intensif … de nains ?

Et oui, 25 mètre carrés par startup, c’est en gros 3, 4 personnes. C’est plus petit que notre nouveau bureau de Montréal et avec une centaine de personnes sur les trois continents, nous sommes un poucet.

Un incubateur de classe mondiale ? C’est quoi exactement ? On veut industrialiser la démarche “Benchmark Capital” ? Alors là, il va falloir s’accrocher.

Ou alors et ceci dit, sans racisme aucun, on veut dupliquer les méthodes de la Corée du Sud ?
On densifie, on sélectionne, on photocopie en espérant des clones identiques ?
Oui, cela a bien fonctionné pour eux et oui je les respecte infiniement car en 50 ans ils sont passés d’une culture paysanne à  Numéro 1 mondial dans bien des domaines. Mais pour autant, est-ce le modèle qui peut convenir à la France ? La solution n’est elle pas un peu trop simpliste ?

Ne faut-il pas faire justement l’inverse ?

Les startups, c’est au milieu d’un vrai tissus économique, avec de vrais clients, avec de vrais besoins, avec le monde de l’enseignement qu’il faut la faire. Une société de technologie, c’est DANS le monde, pas en dehors. Steve Jobs l’a parfaitement dit quand il expliquait pourquoi il ne voulait pas de distributeur : ne pas être coupé de son marché !
Et au fait, on va avoir de l’élevage de startup en batterie à Paris (ou en proche banlieue ;-) ) et de la “Silicon Valley remix the Web” à Saclay.
Ce n’est pas un peu curieux tout ça non ?
Combien de fois va t’il falloir expliquer que la région parisienne n’est pas la valley. Qu’il est une erreur de s’ingénier à vouloir tout sortir de Paris car c’est justement l’une de nos plus grande force. Paris c’est un label, Paris c’est un sceau, Paris, cela pourrait être une cohérence, un formidable endroit de développement économique si on n’était pas en train de le transformer en musée. Il faut des unités de temps, de lieu et d’action.

Et là je vois poindre la question. De quoi te plains-tu alors, puisque l’on parle de cet incubateur justement à Paris.

Et bien d’abord cela ne me semble pas acté clairement. On parle de l’Est beaucoup je trouve …
Et puis, si on fait Saclay … on fait Saclay. Ou alors on n’a pas le temps et on réfléchit autrement. On ne va pas avoir d’un coté à Paris les startups de 3 pinpins et ailleurs tous les autres. Oui les Américains ont l’habitude de se déplacer, mais ceci dit, ils l’apprécient de moins en moins. Le formidable développement de New York n’est pas un hasard. Non, Bercy / Saclay / Cergy, c’est tout sauf une partie de plaisir à faire dans la journée.

Si c’est pour servir de “vitrine internationale” (sic) et bien on a tout faux.

 

Les entrepreneurs ne sont pas des espèces en voie de disparition à mettre dans un zoo, pour qu’on vienne les visiter de temps à autre. Les nouveaux Pandas d’une économie faites par d’autres. Ceux que l’on est fier de montrer à la tante Cécile ou au tonton Cristobal lorsqu’il viendra nous visiter. C’est ridicule.
On n’est pas dans la soupe aux choux … du moins je l’espère car parfois, ce n’est pas une soucoupe volante que j’ai envie de faire, mais une arche de Noé pour sauver le plus possible de gens de talents qui s’embourbent d’un quotidien trop pesant.

Les D’jeunes (et les moins jeunes), il faut les mettre sur des projets AMBITIEUX. Des choses d’une portée locale, nationale ou internationale, peu importe. Mais il serait bien d’avoir quand même un certain nombre de vrais projets qui peuvent réussir à l’international et c’est le plus difficile.

En fait, 1.000 startups, incubées … mais de quoi parle t’on exactement ? A t’on idée de la somme de travail, de l’implication pour faire émerger / aider 1 projet ? 10 projets ? 100 projets ?

Désolé, mais la seule image qui me vient à l’esprit, c’est l’élevage de poulets en batterie. On dit souvent que le coq est bien français car il est le seul volatile  qui aime à chanter les pieds dans la merde … et bien ce n’est pas tout à fait comme cela que je voyais les startups.

Vous pensez mon analogie avec les poulets un peu grossière ?

Et bien je peux faire encore plus fort.
Vous vous souvenez du “fail fast” des Américains ?
Traduite et adaptée à la “culture” en France, cela pourrait donner :

Vivre vite et mourir jeune”.

Intéressant programme non ? Cela ne vous rappelle rien? James Dean ?
Que neni … regardez : CLIQUEZ ICI !!  (NDLR: j’ai l’impression que vous ne cliquez pas beaucoup sur les liens que je m’enquiquinne à vous mettre dans mes billets. ;-)

Aussi s’il vous plait, n’enfermez pas nos startoupes. Rendez leur la liberté.
Il faut les élever en plein air !
Il faut qu’elles mangent du bon grain (du business, du vrai), il faut qu’elles gambadent dans l’herbe verte … sinon, il ne faudra pas s’étonner de la qualité de la production, comme le dit si bien le volatile ci dessus.

A moins que tout ceci ne soit une vaste farce pour faire semblant. Semblant que nous aussi on peut y arriver. Bromure distillé pour nous démontrer que chez nous aussi on fait des choses et nous donner l’illusion du possible et de l’utile. Démarche folle, dans un monde en mouvement où nous avons déjà trop perdu de ressources et de temps. Pendant que l’on plume, les autres avancent.

 

crédit photo : manger-manger.fr (mais le site semble souvent en panne)

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Jean-Michel Planche

French Entrepreneur, living now in New York, Witbe co-founder and President.
Witbe (http://www.witbe.net) is the next gen. quality monitoring technology for today critical services : Datas, Voice, Video / TV in fixed or mobile environment.
Witbe operates in New York, Montreal, Paris, Rabat and Singapore and works with major companies, operators and MSPs in 40 countries.
JM Planche is known also to be the Oleane founder and President : the “real first” Internet operator in France and Extranet inventor in 1991, bought by France-Telecom in 1998.

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