"Never give up !"

Le jour se lève … les conneries commencent

"Never give up !" - Le jour se lève … les conneries commencent

Fiscalité du numérique, et moi et moi, émois …

En deux mots, face au consensus pour louer l’excellent rapport des non néamoins excellents Colins & Collins, vous me connaissez, il faut que je ne sois pas complètement d’accord et béat d’admiration.

Et puis à quoi bon d’ailleurs perdre du temps en faire un billet pour dire que l’on est d’accord
Je ne vais pas moi non plus tomber dans cette pédanterie égocentrique et si confortable du XXIème siècle. Par contre,je l’avoue, je suis dans celle du XXème :  la résistance au prêt à penser. Résistance constructive, bien sûr et non opposition stérile dont nous nous complaisons et allons même jusqu’à en fabriquer des médias.

Mais, revenons à nos moutons, ou plutôt à nos bergers, dont le métier est de nous garder, de nous tondre, avant de nous mener à l’abattoir pour nous manger :

Déjà plantons le décors

Je vous l’ai dit, il y a déjà un moment … gauche, droite ou centre, tout le monde semblent d’accord :

  • le numérique c’est le mal … ou le nouvel eldorado, ca dépend de la pillule à nous faire passer,
  • le numérique est le nomade qui dépouille le sédentaire et viole nos compagnes,
  • le numérique évanescent ne paye rien de ce qu’il coute ou de ce qu’il utilise,
  • Nous simples utilisateurs, ne faisons rien, mais exigeons tout,
  • le numérique est une invention satanique d’obédience américaine capitalistique débridée, sans foi, ni loi.

Et de conclure en beauté, comme une évidence : “si cela continue, il faudra que cela cesse” :

il va donc falloir les faire cracher taxer. (relire ce que j’en disais ICI, par exemple)

Les misérables …

C’est un mouvement de fond qui prend encrage assez loin et qui m’a été mis en valeur par l’excellent ( ;-) ) Charles de Courson et son allégorie subtile entre les nomades et les sédentaires.
Le nomade est celui qui capte la valeur des pauvres travailleurs sédentaires. Le nomade c’est l’apatride, sans foi ni loi, qui va aller où bon lui semble pour vendre au plus haut le travail de la veuve et de l’orphelin.

Le sédentaire, c’est Causette,

Le Nomade est Thénardier,

… et nos Colins & Collins nos Jean Valjean !

C’est dit, il faut faire payer ce profiteur, celui qui ne participe à rien.
Remarquez, on ne veut pas mettre en prison (pas encore) les Thénardier. On ne veut pas (encore) empêcher la libre circulation des personnes et des biens. Non, on veut juste redistribuer la richesse des uns au profit des autres. Ce n’est plus Victor Hugo. Zola est enfoncé, c’est Robin des Bois ou peut être l’Ile aux Enfants ?

Et force est de reconnaître, si l’on restait dans notre village pas global, cela à un sens. De toute façon, on a raté tellement de marches dans « le numérique ». Les autres sont si loin devant, qu’il vaut mieux leur attacher quelques boulets, pour tenter des les rattraper. Dans le sport automobile ou dans l’équitation, on appelle cela des handicaps : On espère rétablir les chances des plus faibles … bien sûr, bien sûr … on va y croire …

Je pourrais écrire un livre sur le sujet. Je pourrais même faire un rapport de 198 pages , mais voyez vous, j’ai déjà donné. Ma patience et mon capital altruisme sont dépensés. Ma dose d’abnégation est consommée. A défaut ce n’est pas mon métier, je ne suis pas payé pour cela et j’ai surtout un métier et certaines responsabilités :

  • après 25 ans d’évangélisation des bienfaits que peuvent nous apporter ce nouveau paradigme qu’est l’Internet …
  • Après mes nombreux essais d’explications aux pouvoirs publics, à de grandes et petites entreprises,
  • Après ma tentative avortée de putsch de l’intérieur d’institutions mal nées …

… et bien je tire le rideau. Ce n’est plus « open bar ».

Oh, le rideau n’est pas complètement fermé, ce blog en est une preuve.
Ma capacité d’indignation reste intacte mais je préfère que l’on me pense égoïste par la distance à ceux qui me penseraient durablement assez stupide pour ne pas consacrer toute l’attention possible que mérite :

  • un projet entrepris il y a 13 ans et une véritable percée mondiale sur un secteur plus que difficile,
  • ma famille qui  ont eu l’angélisme d’attendre mon retour et  me supporter remonté comme une pendule, lorsque je revenais de réunions stériles.

Ne me pensez pas non plus aigris, comme je l’ai entendu … c’est une insulte un peu facile pour tenter de vous museler et de délégitimer votre parole.
Mais je reviendrais sur ce moteur de l’aigritude, qui m’a conduit à ne pas dire tout à fait ce que je pense du CNN (voir même pas du tout) et de l’affaire Free par exemple.

Donc, au risque de casser l’ambiance et de m’attirer encore les foudres de nouveaux amis que je ne connais pas, je vais le dire tout net …

JE NE SUIS PAS D’ACCORD AVEC CETTE HISTOIRE DE TAXATION DU NUMERIQUE !

En effet, il s’agit pour moi au mieux d’une paresse intellectuelle, voire pire d’une volonté consciente de ne pas vouloir remettre en cause certaines positions établies et avouer que nous n’avons pas fait grand chose depuis maintenant 25 ans pour être dans les wagons de tête d’un train controlé par d’autres qui roule maintenant à vive allure et que nous essayons de faire dérailler en jettant des cailloux sur la voie.

Donc :

  • Je ne suis pas d’accord sur les constats … du moins en partie,
  • Je ne suis pas d’accord sur les méthodes et en particulier celle de tout faire pour parvenir à ses fins, fins décidées par quelques uns,
  • Je ne suis pas d’accord sur les finalités : faire payer par d’autres le fruit de nos erreurs, de notre cécité, de notre incapacité à nous organiser collectivement,
  • Je ne suis pas d’accord sur toutes ces certitudes, brandies par des experts, dont certains sont très compétents d’ailleurs, promues par des journalistes qui font semblant d’y comprendre quelque chose et qui ne sont là que pour tenter de formater notre réflexion, annihiler notre capacité de rébellion, en bref, pour nous endormir,
  • Je ne suis pas d’accord sur ces petites mesurettes censées profiter  à tous et dont on sait très bien qu’elle ne feront que renforcer le nid de quelques uns et fabriquer quelques coucous choisis… tout en nous excluant de plus en plus du jeu.

Bref, il  a un problème … c’est vrai.

Les grandes multinationales du numérique savent se servir des trous laissés par les législateurs …
Donc au lieu de les corriger (les trous, pas les multinationales … faut suivre ;-) ), on va donc taper sur ceux qui en profitent… Logique.

J’avais déjà vu cela avec la « lutte contre la pédopornographie » ou “le piratage” ou n’importe quel sujet #cestlafauteauNet :

  • la pédopornographie c’est mal,
  • des images pédopornographiques circulent sur Internet,
  • Internet c’est mal 

Essayez, c’est un raisonnement souvent utilisé par les avocats, cela fonctionne à tous les coups. Un autre exemple :

  • tuer c’est mal,
  • un couteau peut tuer,
  • un couteau c’est mal …

Terriblement efficace pour ensuite passer à LA solution, qui comme je le rappelle trop souvent sur ce blog va devenir, en fonction de votre sensibilité “humaniste” (on va dire comme cela  ;-)) :

  •  Interdisons l’Internet / le couteau …
  • ou Taxons l’Internet / le couteau …

J’exagère ? ohhh, à peine. En tous les cas, on préfère encore une fois s’intéresser aux conséquences plutôt qu’en revenir aux causes. Et oui, plus facile d’avoir des résultats rapides dans la sphère des conséquences, cela s’appelle vouloir tordre la réalité. Cela explique les rustines ou les patchs législatifs ou du droit du travail ou de je ne sais quelles règles qui datent de Napoléon et que l’on tente de remettre au gout du jour sans en apercevoir le sens et le fond.

Du principe de réalité :

Donc Google, Apple et les autres sont trop bons en optimisation fiscale … inventons donc d’autres règles, d’autres handicaps qui ne seront que des lignes Maginot que les plus malins (ie : les plus argentés) pourront allègrement sauter et nous, pauvres e-glandus, nous pourrons regarder les uns s’enrichir de plus en plus et les autres pérorer et se pavaner dans la satisfaction de celui qui aura cachée la poussière sous le tapis et trouvera son salon propre.

Bon, j’arrête là, je suis déjà trop long, mais je vous voir venir …

Et toi, qu’est ce que tu proposes ?

Bien malin de « râler », mais tu fais quoi ?

Et bien déjà je vous propose de ne pas vous laisser endormir. Souvenez vous toujours :

Quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt

Quand tout le monde crie haro sur le baudet : C’EST LOUCHE. Cela sent trop fort ce que j’appelle de la Garcimorade !

Je pourrais aussi vous répondre que ceci n’est plus de mon ressort. J’ai fait ce qu’il fallait en son temps. J’ai suffisamment alerté et surtout passé une bonne partie de ma vie à aider à apporter la « révolution Internet » au plus grand nombre. Comme pour la musique, les journaux et tout le reste qui partent en déliquescence, je pourrais dire, à l’instar de beaucoup :

ON VOUS AVAIT PREVENU.

Je pourrais aussi m’engager dans je ne sais quel combat politique, association, Autorité, Conseil … mais plus le temps … plus l’envie … j’ai donné. Ce n’est pas mon monde, je l’ai enfin compris !

Je dirais juste et c’est le moteur de la force que j’ai eu pour écrire tout ceci, que je peste devant le consensus et le mur évident dans lequel certains veulent nous projeter, sciemment ou non.
Je vous dirais que j’en ai assez des certitudes affirmées, sans étude d’impact sérieuse, sans plan B.

Sur l’étude d’impact, il y aurait tant à dire et je ne vais pas tout faire non plus quand même … ;-)
Les propositions des camarades Colin & Collin (ca sonne comme une marque de revolver ca, vous ne trouvez pas ? ;-) ) me semblent infiniment dangereuses, tant pour mon secteur (le numérique, le logiciel et l’Internet) que pour l’étape d’après qui ne manquera pas de se poser.
Et oui chers amis … lorsque vous aurez fait payer leur dime aux “affreux” … il est normal que celui qui paye commande. C’est toujours comme cela que cela se passe, dans LEUR monde, désolé de vous décevoir. L’affaire des Rafales et des Emirats n’est elle pas assez claire pour que VOUS le compreniez un jour ? Je dis bien VOUS, car eux, les autres, ceux qui nous envoient dans le mur, ils le savent depuis longtemps.

Plan B

Sur le plan B, je dois dire que je suis surpris que l’on qualifie de travail gratuit ce que font nos enfants en s’échangeant quelques données personnelles, pour au départ leur plus grand « profit ». Je suis étonné que l’on veuille taxer une ressource qui nous appartient et par là même légaliser le n’importe quoi qui ne manquera pas d’en être fait … avec ou sans les gesticulations de la CNIL.
Dans d’autres lieux et secteurs, cela s’apparenterait à de l’esclavagisme ou du proxénétisme, si vous le préférez. Mais sur ce point, il faut bien dire qu’il y a des précédents. ;-(

Que l’on trouve lumineux (terme lu dans la bouche de certains “journalistes”) l’analogie avec le travail gratuit me fait peur.

Alors on me dira peut être simpliste, oui.

Excusez moi, je suis entrepreneurs et mon métier est de défoncer les barrières pour avancer. Mon métier n’est pas de me coucher devant de soit disants interdits ou impossibilités.

Je suis simpliste quand je vois que certains pays mettent en place une « retenue à la source », sur la vente de certains biens et services, si vous ne possédez pas un établissement « stable » dans le pays où vous voulez faire du commerce.

Je suis simpliste en pensant que d’autres pays, le Canada, le Maroc, certains pays d’Asie aussi semblent avoir trouvé des idées, les mettent en pratique. Et nous, nous essayons autre chose. C’est peut être cela le génie Francais ? Tenter autre chose que ce qui fonctionne ailleurs ?

Et oui, la retenue à la source, cela doit surement être impossible.
On ne devrait surement pas pouvoir taxer une campagne publicitaire passée avec une société Française de 10, 20, 30% DE PLUS si l’émetteur de la facture n’a pas d’établissement, soumis à l’impôt en France.

On me dira qu’à ce moment là, il y aura surfacturation et le CLIENT utilisera un artifice pour passer commande ailleurs … Et oui, on peut tricher, quelle découverte !
Mais avant de tricher, il faut aussi donner des règles. On peut aussi l’interdire. On peut aussi dire que des campagnes touchant le territoire français doivent être gérées en France. Comment ça on ne peut pas ? Demandez aux ayants droits. Demandez à France Télévision, qui bien que payant la redevance en France me refuse le visionnage de ce que j’ai contribué à créer quand je suis à l’étranger.
Mais non, en fait, l’excuse la plus grosse viendra de l’EUROPE !!!!
Ohhh, elle a bon dos l’Europe quant il s’agit de ne pas avancer ou de se trouver des excuses !

Alors bien sûr cela n’est pas suffisant, il faut que tout le monde joue le jeu. Il ne s’agit pas d’ouvrir un bureau, à la twitter, avec quelques emplois … mais si on fait un chiffre d’affaire en milliard, il peut se comprendre que l’on tente aussi de contribuer et développer l’écosystème qui le permet. C’est de la pure logique. C’est bisounours, j’en conviens. Mais cela marchera un jour, forcement. Cela marche d’ailleurs, car contraint, forcé ou pas, on parle ici (USA) de plus en plus de relocalisation de l’emploi.

On peut rire de solutions simples, on peut me traiter d’utopiste, mais d’ici là, à force de taxe et de nouvelles inventions, on aura raté l’essentiel. Les quelques uns seront toujours plus fort et le plus grand nombre que l’on rêvait créateur et participants à ces opportunités « numériques » aura été dompté et définitivement consommateur.

En attendant et pour que chacun puisse se forger une opinion, je vous engage  à compléter cette lecture, dont je vous remercie par avance avec :

  • Vos commentaires, que je prendrais plaisir à lire et peut être y répondre, si le temps m’y est laissé,
  • Le fameux rapport Colin / Mayard … le célèbre jeu de cache cache, qui j’ai bien peur ne fera que reculer et ne nous permettra pas de mieux sauter,
  • Les déclarations de notre ministre du moment et du numérique, qui laisse augurer un fond musique après le fond presse/purée,
  • Et tout ce qui se dit sur le sujet … c’est édifiant. Le plus drôle étant encore notre spécialistes de l’information, d’encenser le dispositif, à grand coup de « formidable », “lumineux” …
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Jean-Michel Planche

French Entrepreneur, living now in New York, Witbe co-founder and President.
Witbe (http://www.witbe.net) is the next gen. quality monitoring technology for today critical services : Datas, Voice, Video / TV in fixed or mobile environment.
Witbe operates in New York, Montreal, Paris, Rabat and Singapore and works with major companies, operators and MSPs in 40 countries.
JM Planche is known also to be the Oleane founder and President : the “real first” Internet operator in France and Extranet inventor in 1991, bought by France-Telecom in 1998.

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