Le numérique pour tous ?

… Mais ce qui m’a le plus étonné, c’est surtout l’absence totale de réaction suite à la publication de ce billet.

Je ne pensais pas forcement être convoqué en urgence au Secrétariat d’état au numérique ou chez les vendeurs de satellites, mais quand même …

J’espère qu’au moins ici, il fera débat. Je peux me tromper, mais j’aimerais le savoir. Si ce n’est pas le cas, alors … ?

On ne peut mieux résumer la nature du problème. Le sujet est bien «le numérique pour tous» et non pas seulement le «haut débit pour tous», qui n’est pas même, un préalable nécessaire et suffisant. La chronique de Jean-Michel Planche, président de Witbe, société spécialisée dans la supervision des infrastructures et des systèmes d’information.

Curieux qu’en France, nous en soyons encore à essayer de mobiliser tous les acteurs au travers d’un plan «Haut débit pour tous» (http://www.hautde- bitpourtous.telecom.gouv.fr).

Curieux tant cela semblait acquis, grâce à l’offre pléthorique des opérateurs, suffisamment mature pour satisfaire la plupart des critères de ce nouveau label.
Curieux de devoir attendre 2012 pour remplir cet estimable et louable ob jectif.
Curieux que le Gouvernement, apte à montrer la voie, ne se contente que d’un commun dénominateur bas, en retard par rapport à la réalité de l’Internet d’aujourd’hui :

  • une vitesse de réception, 200 fois inférieure à ce que l’on peut trouver dans la plupart des grandes villes,
  • une vitesse d’émission à peine supérieure à ce que l’on avait il y a 15 ans (offre Oléane via Numéris),
  • une connexion qui peut être tout simplement coupée au delà d’un volume d’échange qui peut être atteint en quelques jours !!!

En fait, à la lecture du cahier des charges du label, on a tout simplement l’impression de la promotion de services d’accès par satellite, d’aujourd’hui. Alors, pourquoi attendre 2012 ?
Pourquoi établir un commun dénominateur bas et risquer une France à deux vitesses, un nivellement versle bas, par des technologies et un modèle économique mal adaptés aux enjeux de demain ?
N’allons-nous pas recommencer l’erreur d’essayer de transformer nos élus en VRP d’équipementiers qui aujourd’hui demanderont «le haut débit pour tous», comme hier ils ont pu souhaiter l’ADSL dans leur bureau ?

ADSL, fibre, satellitepeu importe, du moment que l’on a réellement la possibilité de voir se développer un Internet à haut débit, neutre et symétrique. Un Internet qui ne serait pas qu’un «média», mais bel et bien un réseau d’innovations, ouvert, permettant la participation et la création de valeur de tous.
Aujourd’hui, plus que jamais, il me semble nécessaire, sinon vital de s’engager dans un véritable plan numérique pour tous dont les trois points essentiels sont les suivants :

  1. une infrastructure et un Internet de qualité, neutre, symétrique et à très haut débit
  2. un souci constant de la qualité et de la performance
    Il est étrange que ce label, n’exige aucun critère de qualité vraie, alorsque la plupart des opérateurs dans le monde savent qu’il s’agit d’un avantage compétitif majeur et que même Bruxelles se penche sur le sujet. Ce n’est pas parce que nous entrons dans un monde «numérique» que les problèmes de qualité sont réglés. La TNT en est le plus bel exemple. Recevoir en région un signal TNT correct n’implique pas obligatoirement de voir une image de bonne qualité. Si on n’y prête attention, nos territoires seront connectés avec n’importe quoi, n’importe comment et nous dépenserons beaucoup d’argent, le jour où il faudra refaire les choses correctement.
  3. une véritable éducation au numérique est indispensable.
    Gérard Berry, docteur, chercheur à l’Inria, responsable de la nouvelle chaire d’informatique et de sciences numériques au collège de France, le dit très justement :

«En France, quand on parle de fracture numérique, on se polarise sur la nécessité de rattraper le retard en tant que consommateur, alors que le véritable problème c’est rattraper le retard en tant que créateur. Cela commence par l’éducation, car être créateur, c’est un état mental : il faut d’abord comprendre les choses».

2010-01 Europe Parlementaire

Related posts:

  1. Les politiques et le numérique, ça finit pareil mais …
  2. Il n’y a pas un mais DES Internets …
  3. Le cloud … pour que les nuages n’annoncent pas la tempête
  4. « Médias numériques: quels enjeux pour l’école ? »
  5. Je pardonne, mais je n’oublie pas !

Tags: , , , ,

One Comment

[...] This post was mentioned on Twitter by JM Planche, Aurélien Fache. Aurélien Fache said: RT @jmplanche: Le numérique pour tous ? – http://bit.ly/bBNDw3 #numérique [...]

Leave a Reply