Je pardonne, mais je n’oublie pas !

Et oui, le Serpent de mer ressort et … @nk_m, notre ministre de tutelle à nous, gens du numérique, va annoncer aujourd’hui un YACC (NDLR: jeu de mot que seuls les plus « barbus » peuvent comprendre, pour les autres et je me dois de préciser qu’il s’agit d’un mot passé dans le langage courant de quelques-uns pour signifier une certaine lassitude habitude).

Il s’agit de Yet Another One Colloque / Consultation autour du DROIT A L’OUBLI.

En entendant les grands principes, on ne peut qu’évidement être d’accord … alors pourquoi une consultation ?
Surtout que le sujet est connu et même sporadique sinusoïdal : Juillet 2009, Eté 2009 (université d’été du Nouveau Centre), Novembre 2009 et maintenant, après que l’on ait achevé le débat sur la « Net neutralité ».

Alors, pourquoi cela me vaut-il de me détourner de mon métier pour y perdre quelques minutes, si ce n’est plus assurément pour y gagner mes lettres de cachet et des points de vie, encore en moins, dans l’administration ?

Et bien j’aurais tendance à dire : COMME D’HABITUDE. J’en suis encore à m’interroger sur les méthodes, les moyens et les buts avoués et surtout … les résultats.

  1. Pourquoi mettre l’emphase sur ce sujet et non essayer de revenir aux causes premières et monter un cran dans l’ambition ?
  2. Est-ce que le problème a été bien analysé pour en arriver à le solutionner de cette façon ?
    Je ne doute pas que mon camarade Bensoussan ait fait un excellent travail en Novembre et avant, mais est-ce suffisant et surtout pour arriver à quoi ?
  3. Ne risquons nous pas d’accoucher péniblement, soit d’une charte de bonnes pratiques ou d’une YALEI (Yet Another Loi en « I ») qui ne sera que peut suivie d’effet, à cause de l’origine et des pratiques de marché des grands acteurs ?
  4. Et si tant est que cela survienne, le combat ne risque t’il pas d’aboutir à une victoire en demi-teinte, au mieux, où l’on devra supporter des données que l’on ne souhaite pas, pendant un temps qui fera débat et masquera le vrai sujet :

Au lieu de parler d’un « droit à l’oubli », n’aurait-on pas mieux fait d’axer sur :

  • le droit au pardon … même si dans notre société judéo-chrétienne, en attente du jugement divin, cela me semble difficile. N’empêche, que je peux me permettre d’essayer d’élever le débat, non ?
  • et surtout … du droit absolu de CONTROLER NOTRE VIE NUMERIQUE et les traces que nous laissons. C’est là pour moi le vrai sujet. Pas dans celui de devoir supporter que l’on fasse n’importe quoi avec notre « vie numérique » pour ensuite nous donner l’illusion que nous en retrouvons le contrôle.

Est-il normal que si quelque chose me choque sur Facebook (ou un autre), je n’ai pas de moyen de le signaler et de rentrer en contact avec un humain rapidement … sauf s’il s’agit d’un problème de propriété industrielle.

Est-il normal de trouver autant d’incompétence et de génération de risques chez des acteurs insuffisamment responsables, censés s’adresser aux plus faibles / fragiles d’entre nous ?

Est-il normal que nos enfants (plus ou moins grands), poussés à faire parfois n’importe quoi, faute d’une éducation suffisante au sujet, ne puisse ensuite revenir en arrière et rapidement circonvenir le problème ?

Alors loin de moi l’idée de savonner le sujet. Il faut y aller, c’est bien. MAIS AVEC AMBITION et pas en partant d’avance battu. (NDLR: sisi, ne me dites pas non. Vous êtes déjà trop à penser « à quoi bon ? Google et les autres ne voudront jamais »).
Ne nous laissons pas non plus emporter par le talent oratoire de nos amis « baveux« .

Le sujet n’est pas le droit à l’oubli ou s’il le devient, il ne peut être qu’un MOYEN et non un BUT.

Comme je l’ai déjà dit, je me répète, mais tant pis, avons-nous où non le droit de notre propre suicide numérique ?
Ne pas l’avoir veut-il dire que nous avons déjà perdu le contrôle de notre vie … numérique ?

Une fois que l’on aura répondu à cette épineuse question, il sera encore temps de passer à la suivante … les conditions de réversibilité et la possibilité de récupérer notre vie numérique. Cela commence, cela se discute, mais pas ici, malheureusement.

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12 Comments

Yann Jouanin

avril 15th, 2010

Que de questions qui pourraient faire l’objet d’un vrai débat.
A celà je vois aussi d’autres problèmes, et notamment l’exercice de l’autorité parentale dans le numérique.
Je ne comprends pas par exemple (alors que toutes les administrations demande aujourd’hui l’accord d’un « tuteur légal ») que lorsqu’un enfant créé un compte sur un jeu en ligne, on ne lui demande pas d’entrer l’email de son « représentant légal ».

Comment suivre la vie numérique de son enfant (dont on est responsable aux yeux de la loi) alors qu’aucune éducation n’est faite (y compris dans les écoles) pour inscrire le numérique comme un usage au sein du cercle familial.

Mon autre question est relative à la transparence des sites web quant à leur dépendance juridique (il n’est pas si rare de voir marqué : toute plainte sera déposée au tribunal de Honululu…).
Ne serait-il pas tant de créer des espaces d’harmonisation juridique (par exemple l’europe, les US…) permettant à un utilisateur de savoir facilement dans quelle « zone » ses données sont traitées et surtout quels sont ses droits dans la zone correspondante.

Enfin le droit à l’oubli (et plus généralement à l’accès, la modificication, rectification des données personnelles) est il lié à la capacité pour un individu, de pouvoir aggréger tous ses comptes en un point central ?
En France, ce droit conféré par la loi informatique et libertés de 1976 est difficilement utilisable, tant les bases de données sont revendues d’un prestataire à un autre sans aucune tracibilité auprès de l’individu.

Ivan

avril 15th, 2010

Bonjour Jean Michel,
une seule petite question:

A ton avis, le droit à l’oubli, pourrait t-il risquer, si mal cadré et mal défini, de permettre une certaine forme de ré- écriture de l’histoire ?

Ou bien ne parle t-on du droit à l’oubli que spécifiquement dans le cadre de la gestion des données personnelles collectées ?

78tiret17

avril 15th, 2010

Bonjour à tous.

Que de bonne questions !

Une contribution, juste pour apporter un avis différent

Comme la écrit (de façon un peu provocante) ‘CB’ dans son article « Contre le droit à l’oubli, pour la burqa numérique… » :
et si le droit a l’oubli ce n’étais qu’admettre l’irresponsabilité de nos actes, de corriger ce qui a été au-delà de notre volonté, de notre libre arbitre. Et de conclure par : le droit a l’oubli est une sorte de papier hygiènique destiné à effacer des traces honteuses. Avis intéréssant, vite « démonté » par le commentaire juste en dessous.
;-)

Jean-Michel Planche

avril 15th, 2010

Merci de vos commentaires éclairants …
Juste une précision … à ce stade, je ne suis pas du tout convaincu par cette notion du « droit à l’oubli ». Comme je l’ai dis, trop de risques de s’arrêter au milieu du gué et de ne pas traiter le vrai sujet (la maitrise de notre vie numérique).
Le droit à l’oubli est aussi effectivement une forme de ré-écriture de l’histoire, c’est pour cela que dans les réunions où j’ai participé j’ai entendu qu’il serait restreint à une certaine catégorie de personnes … étonnant, non ? On déciderait que tel homme « public » aurait une telle « empreinte » de son vivant qu’il n’aurait pas le droit d’être égal avec les autres. Bref, n’importe quoi et preuve à mon avis que ce n’est pas le débat. Ce problème va en poser plus qu’il ne va en résoudre.
Encore une fois, on essaye de résoudre un problème user centric avec une méthode network centric (pour ne pas dire potentiellement régalienne) … et cela bloque … et c’est normal.

Francois 2

avril 15th, 2010

Tsss…

Le droit a l’oubli, c’est comme tout le reste dans cette société, ca se paie. On organise la pagaille, pour mieux la facturer après. Donc deux options s’ouvrent a toi :
1 – tu as des sous, et tu te paiera un nettoyeur (Leon Telecom Services), pour effacer tes aneries ;
2 – tu n’as pas de sous, et tu devra vivre avec toutes les bavures déversées durant des années… A commencer par celle-ci ;-)

padawan

avril 16th, 2010

Et si on parlait du droit de ne pas avoir mal aux yeux quand on lit jmp.net ? Pitié, Jean-Michel, améliore le contraste entre la couleur du fond et le texte. :-)

Martin

avril 24th, 2010

Bonjour à tous.

Que de bonne questions !

Une contribution, juste pour apporter un avis différent

Comme la écrit (de façon un peu provocante) ‘CB’ dans son article « Contre le droit à l’oubli, pour la burqa numérique… » :
et si le droit a l’oubli ce n’étais qu’admettre l’irresponsabilité de nos actes, de corriger ce qui a été au-delà de notre volonté, de notre libre arbitre. Et de conclure par : le droit a l’oubli est une sorte de papier hygiènique destiné à effacer des traces honteuses. Avis intéréssant, vite « démonté » par le commentaire juste en dessous.
;-)

Paul

avril 25th, 2010

Bonjour à tous.

Que de bonne questions !

Une contribution, juste pour apporter un avis différent

Comme la écrit (de façon un peu provocante) ‘CB’ dans son article « Contre le droit à l’oubli, pour la burqa numérique… » :
et si le droit a l’oubli ce n’étais qu’admettre l’irresponsabilité de nos actes, de corriger ce qui a été au-delà de notre volonté, de notre libre arbitre. Et de conclure par : le droit a l’oubli est une sorte de papier hygiènique destiné à effacer des traces honteuses. Avis intéréssant, vite « démonté » par le commentaire juste en dessous.
;-)

Nick

avril 26th, 2010

Bonjour à tous.

Que de bonne questions !

Une contribution, juste pour apporter un avis différent

Comme la écrit (de façon un peu provocante) ‘CB’ dans son article « Contre le droit à l’oubli, pour la burqa numérique… » :
et si le droit a l’oubli ce n’étais qu’admettre l’irresponsabilité de nos actes, de corriger ce qui a été au-delà de notre volonté, de notre libre arbitre. Et de conclure par : le droit a l’oubli est une sorte de papier hygiènique destiné à effacer des traces honteuses. Avis intéréssant, vite « démonté » par le commentaire juste en dessous.
;-)

Simon

avril 26th, 2010

Bonjour à tous.

Que de bonne questions !

Une contribution, juste pour apporter un avis différent

Comme la écrit (de façon un peu provocante) ‘CB’ dans son article « Contre le droit à l’oubli, pour la burqa numérique… » :
et si le droit a l’oubli ce n’étais qu’admettre l’irresponsabilité de nos actes, de corriger ce qui a été au-delà de notre volonté, de notre libre arbitre. Et de conclure par : le droit a l’oubli est une sorte de papier hygiènique destiné à effacer des traces honteuses. Avis intéréssant, vite « démonté » par le commentaire juste en dessous.
;-)

David

avril 26th, 2010

Bonjour à tous.

Que de bonne questions !

Une contribution, juste pour apporter un avis différent

Comme la écrit (de façon un peu provocante) ‘CB’ dans son article « Contre le droit à l’oubli, pour la burqa numérique… » :
et si le droit a l’oubli ce n’étais qu’admettre l’irresponsabilité de nos actes, de corriger ce qui a été au-delà de notre volonté, de notre libre arbitre. Et de conclure par : le droit a l’oubli est une sorte de papier hygiènique destiné à effacer des traces honteuses. Avis intéréssant, vite « démonté » par le commentaire juste en dessous.
;-)

William

avril 27th, 2010

Bonjour à tous.

Que de bonne questions !

Une contribution, juste pour apporter un avis différent

Comme la écrit (de façon un peu provocante) ‘CB’ dans son article « Contre le droit à l’oubli, pour la burqa numérique… » :
et si le droit a l’oubli ce n’étais qu’admettre l’irresponsabilité de nos actes, de corriger ce qui a été au-delà de notre volonté, de notre libre arbitre. Et de conclure par : le droit a l’oubli est une sorte de papier hygiènique destiné à effacer des traces honteuses. Avis intéréssant, vite « démonté » par le commentaire juste en dessous.
;-)

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