La carte musique Jeune … une idée Canada Dry
La carte musique jeune en est un très bon exemple. Le raisonnement venant d’un aéropage de gens intelligents et connaissant le sujet bien mieux que moi semble être :
- Les jeunes pirates du contenu musical (ie: le télécharge et l’écoute (peut être) en ne le payant pas).
- C’est mal … ils devraient payer … l’argent permet la création, sans argent pas de création.
- Il faut les contraindre pour que cela cesse : d’où une nouvelle loi en « i » : l’#Hadopi.
- Mais de l’autre, si ces jeunes piratent, c’est qu’ils n’ont peut être pas d’autre choix car ils n’ont peut être pas assez de moyens. Donc plutôt que de s’interroger vraiment sur le modèle économique de la musique, permettons leur de venir goutter de la piquette au prix du Saint-Emilion et favorisons les pour tenter d’orienter leurs usages. On arrivera bien à les « moraliser » parce qu’ils auront gouté aux joies inénarrables d’acheter la musique … gratuitement ou presque.
Parenthèse, cela me fait penser à la presse ou aux éditeurs de logiciels (certains) qui se battent pour que leur production soit distribuée le plus massivement possible dans les écoles, les facultés GRATUITEMENT et de façon honteusement ILLIMITEE …. Et qui dans le même temps fustigent l’attitude de nos jeunes de vouloir tout gratuitement, ensuite.
Est-ce que l’on s’est mis deux minutes à la place des jeunes et d’une famille ?
- les rares qui achètent la musique légalement … ne vont plus rien acheter, le temps que cette carte ne sorte. Ils vont se ruer dessus pour avoir une remise faciale de 50% et une fois la bénédiction terminée (ie: le crédit de 200 50 € épuisé) … retourneront à leurs occupations et continueront dans la légalité. Çà c’est le scénario le plus positif.
Dans l’autre cas, ils se diront mais … je me fais avoir depuis des années en payent bien cher quelque chose qui ne m’est pas aussi indispensable. (rapport qualité/prix). Je ne vais pas continuer de payer aussi cher maintenant et je vais me tourner vers d’autres moyens … le téléchargement illégal ou le streaming « gratuit ». (Spotify, Deezer …) - ceux qui téléchargent illégalement … et qui seront les plus honnêtes envers le système (ie: la répartition de nos impôts) vont … continuer et surtout ne pas perdre de temps à laisser des traces dans un système qui demain pourrait se retourner contre eux.
- ceux qui téléchargent illégalement et … causeront le plus de tort … vont demander la carte pour « épuiser » le filon et se dire « c’est toujours ca de pris » et une fois le crédit épuisé vont … retourner à leurs occupations
Une fois de plus, le gouvernement pense au miracle de l’éducation par l’exemple et pense que l’on va durablement modifier le comportement des jeunes en faisant semblant de leur proposer une solution …
Mais les jeunes n’auront pas plus d’argent une fois le crédit dilapidé.
Mais l’argent n’ira pas plus à la création avec un tel système que ce qui se fait maintenant. Le marché ne va pas grossir grâce à cet artifice. On n’est pas de même ordre de grandeur qu’une Baladurette ou une Jupette …
Mais est-on certain que l’on s’attaque vraiment au problème ? Ne faudrait-il pas revoir le modèle économique de la musique sérieusement, en fonction de ce que permet l’Internet, en abaissant les coûts de distribution et de fabrication au plus bas ? Ne serait-il pas le moment que les artistes voient leur part du gâteau véritablement augmenter en relatif et en absolu. Alors que plus on numérise, plus on abaisse les coûts « annexe », moins ils gagnent, depuis le microsillon ?
Mais qui sera les heureux bénéficiaires de ces 25 € de nos impôts multiplié par un nombre de personnes qui commence à faire peur à l’état ? Est-on certain de n’avoir oublié et exclu personne ? Cette manne temporaire va t’elle aller à de nouveaux acteurs ou de nouvelles offres qui pourraient être la solution ?
Mais n’allons nous pas nous rendre compte à la fin de l’opération que tout ceci n’a servi à rien … comme nous l’avions prévu pour l’hadopi et pire même … que cela risque d’être contre productif ?
- L’achat de musique « légalement » ne va t’il pas diminuer en attendant l’aubaine, comme lorsqu’un constructeur annonce un nouveau modèle, si bien qu’il ait fallu changer les règles de millésime ?
- Dans l’entre temps, ne va t’il pas y avoir un regain de consommation sur les plateformes de streaming (Spotify …) qui fragilisera encore plus leur modèle économique car cela ne permettra pas de transformer cette masse de gens en abonnés solidaires … ils disparaitront dès la carte sortie et ne reviendront pas dès le crédit épuisé
- Ne va t’on pas doper artificiellement le chiffre d’affaire de quelques uns (et qui ??? … certainement pas les moins gros) et ensuite ? on aura beau jeu d’expliquer que ce même chiffre d’affaire est en diminution et que c’est de la faute du piratage. On aura beau jeu de tirer de mauvaises conclusions car on aura distordu la réalité.
Bref … on va me dire : qu’est-ce que j’aurais fais moi. Et bien RIEN !
Ou plutôt comme je l’ai dis, j’aurais introduit dès la mission Olivenne, dès le début de celle Zelnik, des CONSOMMATEURS, des INTERNAUTES et des ENTREPRENEURS pour avec les professionnels et de la profession, trouver des solutions durables et raisonnables.
Désolé, c’est un amoureux des arts, de la musique, de la photo, du son et du cinéma qui parle … et qui en plus ne pirate pas et achète beaucoup, mais commence à être très fatigué de tous ce tintoin, surtout qu’in finé, il a l’impression que c’est lui qui va payer. NON ! La coupe est pleine. Si on veut durablement dégouter les gens qui faisaient vivre le système, c’est comme cela qu’il faut faire !
En tous les cas, cela me permet d’inaugurer une nouvelle rubrique … les idées Canada Dry. Cela sera le pendant de ma blogroll « les idées que j’aime ».
PS: au fait, « jeune », cela s’arrête où ? J’ai peur de comprendre que nous « les pas jeunes », on va payer pour que d’autres consomment et d’autres encaissent. Trop fort !!
No related posts.
One Comment
Francois2
mars 15th, 2010
Je ne peux qu’abonder dans ton sens, tant il est navrant de constater qu’une fois encore, cette industrie attend de l’Etat des solutions qu’elle n’est pas capable de trouver par elle meme.
Les autres disparaissent d’habitudes quand elles ne sont pas capables de se reformer en profondeur. Si chaque pan de l’économie faisait de même, nous deviendrions rapidement un système soviétique, nous écroulant sous notre propre incompétence.
Un des problèmes majeur sde l’industrie du contenu est qu’elle cherche a optimiser ses coûts, ce qui est louable en soi, mais en réduisant egalement la valeur du bien qu’elle distribue, tant sur le contenant que sur le contenu… en résumant : comment faire de l’argent facile…Généralement, ce genre de démarche ne finit pas vraiment bien, quel que soit le domaine ![]()
Décliné a l’extrême, on peut trouver de la musique de piètre qualite, ne coutant rien a produire, et vendu de maniere virtuelle, sans coût de distribution… Il ne faut peut-etre pas trop s’etonner que le consommateur au bout de la chaine finisse par s’en rendre compte..
En prime, il faudrait bien admettre que tout ceci consiste a taper dans une masse d’argent limitée, et il serait amusant de comparer l’eventail des possibles electroniqués qui s’offrait a un jeune d’il y a 30 ans et un djeunz d’aujourd’hui. Ppur moi, le choix se limitait a m’offrir un radioK7 et des cassettes vierges pour copier mes 33 que je conservais pour ne pas les user, et a faire un peu de trocs d’enregistrements entre copains.
Aujourd’hui, un djeunz doit se financer le player CD, la console de jeux, l’Ipod Touch pour ne pas etre « un bouffon », et le telephone portable, a supposer que les parents finacent sur le foyer le tuyaux internet et les goodies associés. Il ne faut pas s’etonner que tout ceci ne rentre plus dans un budget n’ayant probablement pas augmenté beaucoup plus que les revenus des parents…
Remarque sterile en passant : si on applique le dilemme de ce paragraphe a la methodolgie du précédent, on comprend aisément pour quoi la musique au rabais ne se vend plus chez les jeunes des categories defavorisées … et bonjour le download.
1