Il était une fois : France-Télévision Publicité
Je m’en était ouvert sur twitter et on m’avait rapidement répondu que cela ne valait rien, qu’avec la fin de la publicité sur France-Télévision, c’était condamné …
Je n’étais bien sûr pas du tout d’accord car, rien que le potentiel actuel me semblait largement sous dimensionné. FTP n’est pas seulement la régie de quelques chaînes de France-Télévision qui vont se voir (partiellement) dégonglées de revenues publiciataires, mais de plus de 60 autres « médias ».
Mais surtout, j’avais l’impression que le potentiel informatique de FTP, ses relations avec les grands annonceurs était largement sous évalué ou méconu et j’imaginais assez facilement tout ce qu’il serait possible de faire avec une vision et une ouverture complémentaire et différente à la fois.
Las … je suis passé à autre, chose ou plutôt, je ne me suis pas « diversifié »
J’ai ensuite appris la victoire du tandem Stéphane Courbit et Publicis. Je me suis dis très bien joué pour Publicis … jusqu’à cet article de Rue89, qui me fait rebondir sur le sujet.
Là, je me suis vraiment demandé comment on pouvait raconter n’importe quoi comme cela :
- Comment arriver à confondre un montant brut (16 M€) avec la valorisation de la société : 16 M€ pour 70% du capital, 4 M€ d’augmentation de capital et complément de prix selon performance estimé selon le Point entre 5 et 10 M€ ?
- Comment arriver à confondre les poches des actionnaires et la trésorerie d’une entreprise ? : « La prise du contrôle ne coûtera donc que 2,6 millions d’euros à Stéphane Courbit et Publicis. » (rue89)
Mais comme il n’y a pas de fumée sans feu et que l’on commence à y voir clair … comment effectivement ne pas s’étonner d’une valorisation aussi « faible » d’une entreprise, disposant de 13,4 M€, gérant un chiffre d’affaire qui avec la taxe audiovisuel faisait vivre un paquebot comme France-Télévision ?
Comment ne pas voir ses prochaines difficultés, bien sûr, mais aussi son formidable potentiel, qui n’avait pas échappé non plus aux différentes personnes un peu sensées du métier de la « monétisation d’audience » : Publicis bien sûr, mais aussi Alain Weill de NextradioTV (RMC, BFM Radio, BFM TV, 01Net …), sans même parler de notre étonnant ami de Rentabiliweb.
Et en y regardant mieux, tout cela ne ressemble t’il pas à un gigantesque jeu de domino ?
- Bernard Arnault et Courbit réduisent leur participation dans Rentabiliweb. En clair, cela veut dire qu’ils vont se partager une part non négligeable des 12,2 M€ levés en cession. De quoi aider à financer la reprise de France-Télévision Publicité …
- François Henri Pinault et Pierre Bergé montent à bord de Rentabiliweb
- Alain Minc conseille manifestement Stéphane Courbis
- Jean-Marie Messier conseille manifestement Rentabiliweb
- Rentabiliweb semble prendre de plus en plus de « pouvoir » dans la monétisation de la presse : Marianne, Libération et même au delà : Le groupe Lagardère
- Que le groupe Lagardère et Himédia font parti des gens qui convoitaient FTP (France-Télévision Publicité)
- Mais que Rentabiliweb convoitait lui aussi Hi-Média
Bref, m’est d’avis que l’on n’a pas fini d’entendre parler de ces deux pôles qui se montent, autour de personnalités dites « fortes » : Stéphane Courbis avec les assets de FTP et Jean-Baptiste Descroix-Vernier.
Plus que jamais, cela prouve que lorsqu’il y a un « patron » à la barre … et non « que » des financiers, des choses étonnantes sont possibles et en plus, lorsque Dieu est actionnaire, cela décoiffe.
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